• Ils croient tous que c'est amusant de se balader avec ça. C'est pire qu'une punition, pire qu'une forte engueulade. Parce que tout ce qu'on peut subir, ça ne dure pas éternellement, hein, c'est pas comme si c'était gravé dans la peau. Tu sais, le pire, c'est que la marque est indélébile. De grosses entailles bien profondes, qui pourraient amener les autres, ceux qui jugent au premier coup d'œil -ceux que tu n'apprécies pas-, à penser que je me fais battre continuellement. De belles entailles rouges, ancrées. Pas douloureux, non. Où, en tout cas, pas de douleur physique à proprement parlé. C'est plutôt le moral qui en prend un coup. Des entailles, mais pas que dans le 95D. Oh oui, cherche bien et tu en trouveras. C'est un peu comme si on avait ouvert un sachet d'entailles un peu trop rapidement, et que celles-ci s'étaient éparpillées sur mon corps. Mais c'est ma faute. Dans les cuisses, les genoux, les hanches. C'est ma faute, hein ? Mais comment je fais l'été... C'est impossible pour moi de dévoiler ma peau, pas en entière du moins. Parce que, en plus de mes belles entailles, il y a ma maladie. Oui, la belle maladie. Le nombril, le cou, les fesses, les doigts. Ça migre, parait-il. Et bien sur, il fallait que ça migre sur moi. Bientôt quatorze ans que je supporte ça. Et puis de toute façon, tout ça c'est physique. Quand on a réalisé ce qu'on été, on n'y peut plus rien. Alors on s'y fait, on se laisse aller. Mais, comme si cela ne parvenait pas à satisfaire l'être sadique qui serait au-dessus de nous, il faut qu'à ce corps lourd s'ajoute les problèmes mentaux. Je ne suis pas classée "catégorie fille à problème", mais je pense m'en approcher dangereusement. Je suis mon problème. Le plus gros. Oh et puis tu sais, j'ai réussi à me cataloguer, à trouver un nom à un de mes sous problèmes : hydrophobe, et légèrement claustrophobe. Je gère, ne t'inquiète pas. Pour l'instant, je gère. Je n'ai pas encore besoin de toi.
    me quand les phrases ont l'apparence d'une citation, elles ne doivent à aucun moment faire oublier qu'elles s'appliquent à quelqu'un de particulier. Peter Handke

    Je me douchais. L'eau glissait sur ma peau, comme une douce caresse, s'infiltrait dans mes cheveux, les collant à mon dos, et finissait sa lente descente sur le sol blanc. Lucy, que fabriques-tu ? J'essayais de me noyer, et cette voix dans ma tête, qui posait inlassablement la même question, me dérangeait. Je me vidais l'esprit, ne prenant plus la peine de répondre à cette étrangère qui tentait, tant bien que mal, d'avoir toute mon attention. Je m'imaginais alors le son de cette eau, que je craignais tellement, dessinant les courbes de ma peau, une peau meurtrie et entaillée. L'eau était la seule chose qui ne me jugeait pas, et j'aimais à croire que c'était un traitement de faveur. Je continuai ma douce folie, mon monologue reposant, jusqu'à ce qu'une date me vint à l'esprit, comme un coup de massue. Des bribes d'un passé que j'aurais voulu garder renfermé dans une partie de ma mémoire, bien enfoui sous des couches et de couches de choses inintéressantes dont je n'aurais plus eu besoin. Le sept juin deux mille deux. Une journée, vingt quatre heures, mille quatre cent quarante minutes, quatre vingt six mille quatre cent secondes, et des milliards d'autres nombres pour, au final, ne désigner qu'une seule et même perte. La fin d'une enfance. Le sept juin deux mille deux. Le jour où je devins un corps sans âme. Lucy, que fabriques-tu ? Le jour où je devins la poupée en porcelaine. Lucy, que fabriques-tu ? J'essayais simplement de vivre. Pourquoi ne m'avait-elle pas entendue, cette nuit ? Lucy, que fabriques-tu ? J'aurais tant voulu oublier. J'aurais tant souhaité me reconstruire. Lucy, que fabriques-tu ? Je n'avais rien fait de mal. Je jure que je ne l'avais pas souhaité. Mais Lucy, ces marques sur ta peau ? Je jure que c'est lui qui m'a détruite. Lucy, que fabriques-tu ? Lucy, que fabriques-tu ? Lucy, que fabriques-tu ? Lucy, que fabriques-tu ?
    s héroïnes de la vie, du bidon. Ne t'accroche pas trop à moi, je risque de te lâcher. Tu sais, si on se pique tous les soirs de notre faux amour, on finira par en crever. Ouvrir doucement la plaie, et ne plus pouvoir la refermer. On aura mal, on souffrira, on tombera un peu plus chaque jour, jusqu'à plus pouvoir nous relever. On tombera tellement, qu'on n'aura plus de quoi saigné. Et ça sera de nos fautes, on se sera trop tuées. Les héroïnes de la passion feinte, qui se sont suicidées. On marche sur le verre brisé, et je te sens glisser. Tu m'entraînes avec toi, ce n'est plus drôle, je suis coupée. Mon cœur s'est ouvert, c'est bien bête, tu ne l'as pas fait exprès. Aucune réaction, il est vide, et bien broyé. Il t'a atteinte aussi, assume ta drogue trop consommée. Les erreurs gravées sur mon cœur, trop pauvre, qui s'est refermé. Je t'ai bien eue, moi l'héroïne de la fausseté. Ton cœur contre mon corps, c'était bien beau, et trop parfait. La froideur toute en chaleur, moi je temps emporte tout, qu'on le veuille ou non. Le temps emporte tout, le temps efface tout et tout ce qui reste à la fin ce sont les ténèbres. Parfois, au cours des ténèbres on retrouve d'autres personnes. Et parfois au cœur des
    J'aimerais essayer de le décrire, mais j'ai bien peur que ce que je puisse dire de lui soit un quelconque coup sur son amour-propre, son orgueil démesuré, et tout ce qu'il en suit.
    En y réfléchissant bien, je pense qu'il s'en fout complètement, et que ce que je peux penser ou dire de lui, lui passe parfaitement au-dessus de sa tête. Pour tout vous dire, il ne prendrait même pas la peine de le lire. Il est tellement sarcastique et suffisant à lui-même. A lui seul, il pourrait faire taire une horde de petites filles déchaînées lui courant après. Il est très charismatique. En étant froid et hautain, il espère tenir les gens loin de lui, il se suffit. Personnellement, je pense que ça a l'effet contraire. Son mystère et son antipathie attirent les gens, filles et garçons, bêtes et cultivés. Le sujet de son mystère a été relevé, mais il l'a fortement nié. Pour lui, il est le seul, il se suffit amplement et parfaitement. Il est le centre de son monde.
    Et le centre du mien.
    J'essayerai néanmoins de donner mon point de vue pour sa description en refoulant mes élans sentimentaux, en les niant même. Il est beau, oui, très beau, même. Il a en conscience, seulement. Il sait qu'il est intelligent et cultivé, qu'il est dur de rivaliser lui en quoi que ce soit. Il est narcissique au plus haut point. En cela aussi, il est difficile de rivaliser avec lui. Quand on lui parle, on se sent bête et insignifiant. Il est très cassant, aussi, et remet en cause chaque mot, chaque fait. Un peu comme le personnage d'Henry Wotton sans le titre, juste dans la parole et les expressions.
    Mis à part le fait qu'il soit d'une beauté brute et propre à son être, il a des qualités artistiques. En dire plus sur ce côté-là de son être serait à coup sur vous révéler qui il est. Mais je ne le souhaite pas. Je souhaite me garder le mystère de sa personne. Et puis le but était simplement de décrire une personne, en me mettant.Elle s'est caché. Le visage. Dans les mains. Et moi. Je me noyais. Je pensais. A elle. Partie. Envolée. Comme un souffle. Une plume. Un ange. Comme un rêve. Un cauchemar. Des cauchemars. Jours vides. Nuits compliquées. Des larmes. De la peur. Des questions. Sans réponses. Du chagrin. Sans repos. Un trou. Dans le coeur. L'impression. De pouvoir. Y tomber. Pour la rejoindre. La voir enfin. L'avoir. Des semaines noires. Des mois gris. Des années beiges. Soif. De caresses. De tendresse. Faim. De folie. De furie. Envie. De désir. D'amour. Rencontre. Essais. Espoirs. Déconvenues. Fièvre. Fusion. Confusion. Jolie. Délicate. Différente. A moi. Au sida. Aux bébés. Au sang. A la première fois. A la peur. A la douleur. A moi. L'attente. L'angoisse. La solitude. La détresse. La peur. Une détermination. Totale. Aveugle. Fanatique. Des instants. D'exaltation. Des frétillements. D'espoir. Une impatience. Puérile. Votre cécité. Votre surdité. Votre manque d'intérêt. Votre stupidité..
    je sais pas pourquoi, je la trouve belle. Elle a des yeux perçants et froids, inintéressants. Elle a son monde à elle, et je n'y ai pas ma place. Elle est vraiment gracieuse, comme si ses pieds étaient des rubans, et elle ne marche pas vraiment. Elle vole. Je l'admire, avec ses airs de déesse, cependant dénués de mépris. C'est une beauté pure, rare, et authentique. Le genre de femme à faire pâlir de jalousie n'importe quelle femelle qui se respecte. Moi y compris.

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